Nous sommes à présent bien engagés dans le mois d’avril avec déjà les premières pluies qui s’annoncent; Au parc, malgré l’apaisement et la situation sécuritaire rétablie, nous n’attendons plus guère de clients, trop tard pour cette saison… Nous recommençons à voir quelques éléphants, quelques petits troupeaux et les traces d’individus isolés, souvent jeunes ou petits, deux ou trois bêtes de ci de là… C’est très éprouvant pour nous…Lorsque nous sortons en brousse, toute notre attention est focalisée sur les éléphants, alors qu’il y a trois mois à peine, nous ne prenions même plus garde à eux, tellement il était ordinaire d’en voir….
Pour l’heure pas mal de réactions semblent s’enclencher au niveau du Ministère, et pour commencer, nous devrions bénéficier d’une 50aine de gardes supplémentaires… Ce qui multiplie par 10 notre effectif et ne va pas manquer de créer quelques difficultés nouvelles à gérer. Mais cela promet quand même une évolution positive… L’heure et au durcissement, à la reprise en main tous azimut… Cela devrait quand même changer la donne…
Pour nous la difficulté va rester entière de pouvoir continuer l’activité économique avec cette saison avortée et des perspectives très incertaines….
Quoi qu’il en soit dans les années à venir, Boubandjida ne ressemblera certainement plus à ce qu’il a été par le passé. Gageons que ce sera pour le bien de tous, à commencer par celui de la faune…
J’ai découvert avec stupéfaction et colère hier un article publié par le magazine VSD intitulé « Le cimetière des éléphants » dans lequel, outre de nombreuses inexactitudes, on me fait tenir des propos que je n’ai jamais tenu, dans lequel on publie des images sans aucune autorisation, ni de moi, ni d’aucun de ce qui y apparaissent.
Oui je suis en colère, oui je suis en rage, mais ma rage et ma colère ne vont pas à l’encontre du gouvernement camerounais, ni à l’encontre des grands organismes, ni même contre ceux qui ont fait cela, ni même contre l’ignorance imbéciles de ceux qui créent le marché en bout de chaine.
Ma rage et ma colère vont en premier lieu à l’encontre des commanditaires et des organisateurs de pareil massacre, mais j’ai suffisamment de jugement pour savoir que les sentiments et les émotions n’ont pas de place dans le combat que nous menons et qu’il nous faut leur opposer des actes réfléchis et dépassionnés.
Ma rage et ma colère vont surtout à l’encontre de tous ceux qui voient dans tous ces événements une « opportunité » pour servir leurs intérêts et leur égo, contre tous ceux dont l’unique but est de tirer profit de pareille catastrophe, au mépris de l’intérêt général.
M. Lagrot, que je connais par ailleurs, est venu à Boubandjida pour enquêter au profit de « Last Great Apes (LAGA) », une association qui produit un travail remarquable dans la lutte contre les trafics et filières de produit fauniques au Cameroun et ailleurs. Je l’ai accueilli et ai facilité son travail dans le seul but de concourir à l’enquête qu’il menait au profit de cette association, enquête destinée à mieux comprendre les évènements en cours pour mieux les combattre dans le futur.
A aucun moment il n’a été question d’un article dans un magazine, et les images autorisées ne devaient servir qu’à documenter son « rapport interne ».
Ceux qui ont suivi cette affaire ces derniers mois, pourront je crois témoigner de ce que je me suis efforcé d’apporter avec beaucoup de retenue et de circonspection un éclairage sincère sur les évènements en cours de la manière qui m’a semblé être la plus constructive possible. Je suis mieux placé que beaucoup pour comprendre les difficultés qu’il pouvait y avoir à apporter une réponse de terrain adaptée à cette attaque sans précédent. Une opération qui engage plusieurs centaines de militaires sur un terrain d’opération aussi vaste, face à un ennemi dont on ne sait presque rien, ne s’improvise pas.
J’ai été amené à répondre à beaucoup de journalistes. J’ai également refusé de répondre à beaucoup de journalistes. Ma préoccupation a toujours été de privilégier un témoignage qui puisse être utile à une prise de conscience générale et à une réaction adaptée, tant sur le plan national qu’international. Je n’ai jamais songé à monnayer aucun de mes témoignages, aucune image, aucune information.
Certaines de mes paroles ont été reprises, amplifiées, déformées comme cela est souvent le cas dans les médias en quête de sensationnel. Certains des propos qu’on me prête sont pures inventions. Certaines « interview » publiées n’ont même jamais eu lieu.
Le contenu de l’article vendu par M. Lagrot à VSD ne me semble rien apporter de constructif à la situation actuelle, rien à la perception de l’opinion publique, rien au travail quotidien que nous essayons tous ici de fournir, unis pour protéger la faune dans sa globalité. Il met au contraire en péril notre fragile implication, nos efforts de collaboration et notre contribution dans la lutte contre le braconnage. Cet article ne sert qu’à satisfaire l’égo et les intérêts de ceux qui l’ont commis.
Le déploiement de force impressionnant qui dure depuis le 29 février a porté ses fruits au delà de toute attente. Les braconniers ont été refoulés hors des frontières du Cameroun. Le parc et sa faune sont sécurisés. La prise de conscience collective est sans précédent et les perspectives pour la protection des parcs dans l’avenir sont plus prometteuses que jamais. J’y crois résolument et je continuerai autant qu’il me sera possible à y apporter mon concours et mon soutien.
Je remercie tous les acteurs, le gouvernement camerounais, les autorités traditionnelles, les organismes de conservation, les ONG et les institutions internationales, les villageois ainsi que tous ceux qui ont œuvré et qui continuent à œuvrer dans l’ombre ou la lumière pour la survie de cette idée d’un monde où la faune a sa place aux cotés des hommes.
J’ai enfin une pensée toute particulière pour les forces armées des BIR dont je partage l’esprit, et les familles de ceux qui ont sacrifié leurs vies et souffert dans leurs chairs, avec qui je tiens à partager la douleur et la sympathie de tous les personnels du parc face aux deuils qui les ont frappés.
Paul BOUR

Ici, sur quelques centaines de metres, 35 éléphants morts, parmi lesquels des tout petits, sans ivoire…
Depuis le 29 février et consécutivement à une réunion de crise qui s’est tenue à Garoua en présence des ministres de la Défense et de la Faune, une opération militaire de grande envergure se déroule dans le PN de Boubandjida et les zones périphériques frontalières avec le Tchad. Les forces des BIR ont été largement déployées appuyées par un hélicoptère et 3 ULM d’observation de la base aérienne de Garoua.
Au cours des premiers jours de mars des braconniers ont été repérés à deux reprises en pleine opération d’abattage et de dépouillement des ivoires. Plusieurs accrochages ont eu lieu entre braconniers et forces du BIR.
Les braconniers paraissent vouloir éviter le contact mais semblent également décidés à mener leur tâche à son terme et s’il semble qu’une partie des braconniers a pris le parti de s’exfiltrer vers les frontières du Tchad et de la RCA vers le Sud Ouest, des informations récentes et à vérifier signalent que des braconniers ont été aperçus à la poursuite et à la recherche d’éléphants loin et au Nord Ouest du parc, ce qui donne à craindre que les braconniers ne puissent désormais s’orienter vers les derniers sanctuaires d’éléphants, que sont les PN de WAZA et de la Bénoué. Le bilan des accrochages, dont il m’est impossible de dévoiler la teneur exacte, fait état de pertes dans les deux camps et la saisie de matériel, chevaux, munitions, ivoires etc. en quantités significatives.
A l’intérieur du parc la situation sécuritaire semble maitrisée en raison de la très forte présence militaire. De surcroît, tous les éléphants étant morts ou en fuite rien ne justifie plus la présence des braconniers.
A l’heure actuelle les opérations militaires se poursuivent et doivent se tenir aussi longtemps que nécessaire. La mise en place d’un dispositif militaire durable de surveillance et de réaction est d’ores et déjà annoncé.
Sur le plan des abattages, l’heure n’est pas encore au bilan, mais il est clair que celui-ci sera « effroyable » selon les propos de tous les témoins. De nombreux sites d’abattages ont été trouvés par les troupes au sol et les observateurs aériens et le décompte final sera incontestablement très supérieur aux chiffres jusqu’ici annoncés. Les cavaliers auraient eux même déclaré à la population il y a déjà quelques semaines en être à 650 éléphants tués et cette déclaration nous semble absolument plausible. Notre décompte personnel et formel s’élève à environ 280 animaux, sans que nous n’ayons procédé à aucun travail systématique faute de pouvoir accéder librement au terrain.
Seul un travail d’inventaire aérien méthodique permettrait une appréciation réaliste de la situation. Espérons que le MINFOF et les organismes de conservation auront à cœur de mener cette opération à bien.
Sur le terrain et depuis le début du mois les seules observations d’éléphants vivants consistent en quelques rares individus isolés, les derniers troupeaux vus ayant été presqu’aussitôt retrouvés abattus. Nos nombreuses sorties en véhicule n’ont permis de trouver aucune trace de troupeau traversant les pistes du parc, ce qui se produisait incessamment auparavant.
Certains témoignages font état de la fuite d’éléphants en nombre significatif à l’extérieur de la zones concernée(*), et bien que cela soit probable il ne fait aucun doute pour nous que cela ne représente qu’une modeste partie des éléphants qui évoluaient dans notre secteur.
Les braconniers ont fait preuve d’une terrible efficacité qui témoigne d’une grande habitude et maitrise de ces pratiques, d’une organisation efficace de type militaire qui évoque une motivation autre que celle de l’argent au premier degré, mais plutôt du financement par l’ivoire des moyens d’une « cause », milice, rébellion ou mouvement terroriste par exemple, sans qu’aucune hypothèse ne puisse être précisément évoquée ou étayée pour l’heure.
Ils ont également fait preuve d’une incompréhensible cruauté, abattant systématiquement tout éléphant rencontré, y compris des individus jeunes, isolés et dépourvus d’ivoires. Ce comportement semble témoigner d’une volonté d’extermination, d’un acharnement dont les motivations ne peuvent être financières, mais qui semble plutôt relever de la haine ou de la vengeance.
Pour nous sur le plan touristique nous avons préféré annuler les réservations prévues ces jours ci, bien que nous n’en ayons pas eu l’ordre formel; mais la présence massive de militaires au lodge et dans le parc, les accrochages et la témérité des cavaliers nous incitent à la prudence… nous recevrons les clients en avril si cela se décante comme cela en a l’air, mais quoi qu’il en soit notre saison est morte et nous nous retrouvons dans une situation économique plus que périlleuse.
Après des années d’efforts, d’abnégation et de sacrifices, notre rêve est détruit. Malgré toutes les difficultés et les obstacles, les coups recus, nous étions fiers d’être là, au cœur d’un parc auquel nous avons apporté le meilleur de nous même pour contribuer à en faire l’un des plus riches et des plus beaux d’Afrique francophone. En nous arrachant les éléphants les cavaliers ont arraché l’âme et le cœur de ce joyau. Bien évidement le mal qu’ils ont fait ne s’arrête pas à nos seuls intérêts et à notre attachement, les conséquences vont bien au-delà et il faudra du temps pour que les premiers intéressés que sont les camerounais et particulièrement les riverains mesurent l’ampleur de la perte dont aujourd’hui hélas beaucoup semblent se féliciter.
Puisse au moins ce désastre servir à une prise de conscience et conduire à une réaction durable en faveur de la sauvegarde de la faune et des ressources naturelles dans ce qui reste pourtant, un si beau pays…
Je pense que tous le monde s’interroge sur ce qu’ils se passe chez nous ces derniers temps ? Voilà un résumé succinct…
Depuis début janvier différentes informations laissaient entendre que les « cavaliers », braconniers d’éléphants pour l’ivoire étaient de retour. En effet depuis 2006 nous sommes témoins dans toute la zone frontalière d’un braconnage d’éléphants perpétré en début de saison sèche par des bandes de cavaliers armés en provenance de l’étranger, Tchad et/ou Centrafrique et peut être originaire de plus loin. Qualifié braconnage soudanais, sans qu’il soit possible d’étayer avec certitudes ces allégations, il ne fait néanmoins aucun doute que ces braconniers viennent de l’étranger et le faisceau de présomption semble conforter l’hypothèse que l’ ivoire issu de ce braconnage alimente les filières asiatiques en transitant par le Soudan , d’où ce braconnage serait orchestré.
Au fil des années et en l’absence de réaction adaptée, l’ampleur de ce braconnage a gagné en intensité, pour atteindre son apogée en ce début d’année 2012. En effet alors que jusqu’à présent les activités des cavaliers restaient discrètes et se cantonnaient dans les zones reculées et frontalières au Tchad on assiste cette année à une razzia de grande envergure. Les cavaliers qui pénètrent le territoire camerounais en bande constituées de plusieurs dizaines (jusqu’à une cinquantaine d’individus à cheval observés, quelques dromadaires), se divisent ensuite en groupes de 4 à 10 environs et se dispersent sur la totalité de la zone considérée où ils se livrent à l’abattage systématique de tous les éléphants dont il croisent les traces. Ces individus lourdement armés d’armes de guerre individuelles et collectives, n’hésitent pas à se montrer au grand jour, à s’approcher des campements de chasse et de tourisme nombreux dans le secteur, à s’approvisionner dans les villages et à inviter les villageois à ramasser la viande des animaux abattus. Aucune agresivité n’a été manifestée vis-à-vis des hommes et un message de non agression a été transmis aux populations et usagers de la brousse dont nous faisons partie.
Les populations bien que se déclarant choquées par la libre circulation de bandes armées étrangères sur le territoire, reconnaissent volontiers que ce braconnage apporte une réponse au problème des dégâts régulièrement provoqués par les pachydermes aux cultures et restés sans solutions depuis toujours.
Les cavaliers sont quelques fois guidés par des personnes à pieds, probablement des braconniers locaux bien qu’aucun n’est encore été formellement identifié.
Des observations semblent témoigner de l’acheminement des défenses à cheval et dromadaire vers le Tchad et la République Centrafricaine pour leurs destinations finales. Ce trafic finance probablement quelque rébellion régionale.
Des chiffres très variables ont été avancés quant au bilan de ces abattages. De fait il sera très difficile d’établir un bilan exhaustif des abattages –toujours en cours- de cette année. Au 27 février, nous étions formels au niveau du seul parc national de Boubandjida sur un bilan de 128 animaux abattus et précisément localisés. Les informations fiables mais non vérifiées émanant des villages riverains font état d’environ 155 animaux supplémentaires abattus dans les zones périphériques. Il ne fait aucun doute que le bilan final sera donc très supérieur pour l’ensemble de la zone; en effet tous les abattages relatés ont été constatés pour l’essentiel le long des pistes du parc ou dans des sites pratiqués par les villageois et il nous est actuellement impossible de nous rendre dans les secteurs plus reculés en raison des risques encourus. Rappelons que deux gardes villageois ont été abattus en 2010 par ces mêmes cavaliers, alors qu’ils vérifiaient une information faisant état de l’abattage de plusieurs éléphants dans le Nord du Parc. Seul un comptage aérien méthodique permettra d’appréhender la’ampleur réelle de ce désastre.
Le plus inquiétant est que ces braconniers abattent systématiquement tout éléphant rencontré, sans distinction. De nombreux très jeunes éléphanteaux sont retrouvés; leurs défenses prélevées bien que ne pesant pas plus que quelques centaines de grammes au mieux.
Des petits et jeunes isolés sont également retrouvés errant ou morts, des animaux blessés sont rencontrés régulièrement, une odeur de putréfaction envahi la brousse en de nombreux endroits.
A ce jour(27 février), le massacre continue et si l’intensité semble en décroître ce n’est le fait que de la raréfaction des animaux, ceux qui n’ont pas encore été abattus s’étant enfuis, poursuivis par les cavaliers dont ont rapporte à présent la présence plus à l’ouest. En l’absence de réaction d’ampleur, la population des éléphants du Nord Cameroun que nous estimons à un millier de têtes essentiellement concentré dans le PN de Boubandjida et sa périphérie immédiate, sera rapidement intégralement anéantie, d’autant que le braconnage local prend à présent la relève, ayant identifié les voies de commercialisation de l’ivoire.
Au-delà du problème de l’extermination des éléphants, la libre circulation de bandes armées constitue une atteinte à la sécurité du territoire à laquelle il parait incontournable de répondre.
Il faut reconnaître qu’il est difficile d’organiser une riposte appropriée à la menace. Une bande de territoire de près de 200 km de long sur une cinquantaine de km de large, toute le zone frontalière avec le Tchad entre Baikoa et Touboro environ, est concernée. Rechercher et détruire des groupes de cinq à dix personnes, très mobiles grâce à leurs chevaux, très bien armés, très aguerris et maîtrisant le terrain est une opération complexe nécessitant une grande détermination et des préalables qui ne semblent pas réalisés aujourd’hui au Cameroun, malgré les avertissements que constituaient les expériences des pays voisins et des années passées.
Il est d’ailleurs symptomatique que malgré la recrudescence du braconnage d’éléphants à travers tout le continent depuis plusieurs années, la communauté internationale et les grands organismes de conservation en soient encore à spéculer sur l’origine des braconniers, les filières et destinations de l’ivoire, les moyens de riposte à mettre en œuvre.
La communauté internationale et les importants budgets qui sont affectés à la conservation ne pourraient ils ou n’auraient ils pas du servir à établir les bases de ripostes adaptées à la menace ?
La création d’un organe régional de renseignement et d’alerte, la mise en commun des expériences et des acquis, l’élaboration d’une stratégie de réaction adaptée et la construction des outils de riposte, la lutte contre les filières et les commanditaires au plan international, l’interdiction du commerce de l’ivoire sont des réponses qu’aucun Etat ne pourra construire seul. .
Face à une activité criminelle internationale de pareille ampleur assurer la survie des éléphants parait à présent une gageure démesurée…
Dernière minute 29/02/12
Reunion de crise à Garoua à eu lieu le 29 avec MINFOF et MINDEF.
Décision d’intervention sur le terrain dès le 01er mars et déploiement de troupes en nombre sur le terrain. On nous laisse entendre que le ratissage du secteur ne devrait pas excéder 3 ou 4 jours et que des éléments resterons déployés durablement pour contrer un éventuel retour des cavaliers.
Nous espérons surtout que la mobilisation restera effective dans le futur et qu’en cas d’alerte, une pareille réaction interviendra directement.
Dans ce contexte nous suspendons provisoirement nos activités jusqu’au 05, et à ceux qui envisagaient de nous rendre visite nous conseillons de prendre attache avec Nathalie au 00237 75021010. Boubandjida ce serait volontiers passé de cette publicité et de ces difficultés supplémentaires qui hypothèquent clairement notre avenir ici….
Après une période des fêtes particulièrement animée nous sommes revenus à des jours plus calmes… Janvier est traditionnellement creux et nous en profitons pour nous remettre de l’intense activité qui a précédé l’ouverture de campagne…
Le démarrage en fanfare en matière d’observations de faune est suivi d’une douche froide, avec les échos du retour des braconniers d’ivoire, qualifié de « braconnage soudanais »… Ces braconniers montés à chevaux et puissamment armés écument à nouveau la région et déciment les troupeaux d’éléphants dans les environs… Il est question de plusieurs dizaines d’animaux abattus dans la proche région du parc. Très mobiles et aguerris, les braconniers ne semblent guerre se soucier d’une quelconque réaction… De plus ils se savent largement soutenus par les populations qui ne voient pas d’un mauvais œil la destruction des éléphants responsables de la dévastation des cultures, et qui sont de surcroit ravies de bénéficier de la viande des animaux abattus pour leur seul ivoire.
Il semble qu’à cette heure les cavaliers ont retraversé la frontière sans peine, en attendant un prochain raid… Pourtant nous avons obtenu le secours des militaires et même un avion d’observation a été mobilisé, sans succès… Mais au moins sommes nous parvenus à coordonner nos efforts … Espérons que cela finira par produire un résultat…
Grandes manœuvres aussi autour des projets qui se penchent au chevet de Boubandjida…. Après des années de sécheresse financière il semble que la manne financière s’abatte à présent sur le parc et les environs. Espérons que cette grêle financière ne détruise pas les fragiles plans que nous avons semés au cours des dernières années …
A notre niveau nous tentons de remettre sur pied une organisation cohérente et renforcée de lutte anti braconnage, en collaboration avec le Lamidat et les ZIC voisines… Eternel recommencement, rendu indispensable par une situation actuelle plus qu’inquiétante…
Petits nouveaux à Boubandjida aussi ! Le jardin zoologique de Limbé nous a remis trois tortues Sulcata, ces tortues géantes qui existaient autrefois dans la région et qui en ont complètement disparu. Si elles parviennent à se reproduire, nous tenterons de les réintroduire dans leur habitat naturel… Pari difficile, mais ce n’est pas le premier !
Bonne Année !
Une période de Noël bien chargée qui nous a mobilisés plus de trois semaines en brousse, sans retour vers la ville. C’est donc avec notre coutumier retard que nous vous souhaitons une bonne année 2012 , en vous proposant un peu de la sérénité et de la quiétude de notre vie au cœur de la nature originelle!
En ce tout début de saison, les feux très tardifs cette année ont limité la vision des éléphants et girafes, mais la période a été très propice à l’observation des carnivores. Les lions ont été observés par de nombreux clients et malgré l’agitation au camp, rares ont été les nuits où les rugissements du couple d’habitués ne se sont pas fait entendre au campement, parfois très très près !
Nous avons même pu observer en face du campement l’attaque d’un hippotrague par un lion mis en fuite par un second hippotrague. Dans les hautes pailles il était difficile d’y voir clair, mais la séquence émotion était au rendez vous…

Quelques belles observations de panthères aussi, dont celle-ci , contribution de la famille Reynaud, et l’extrait de ce mail de Vincent …
« Et nous avons été gâtés le mercredi matin en partant:
D’abord, nous entendions les lions rugir à notre réveil.
Départ du camp à 5h50… 10 mn après, 2 ou 3 lions se laissent surprendre devant nous sur la piste mais rentrent vite en brousse.
Encore 10 mn et un beau mâle, seul, fait le fier devant nous ; il marche tranquillement en prenant le temps de pisser sur les arbres du bord de piste ; je fais ronfler le moteur (sans avancer) et il se retourne pour nous toiser, continue d’avancer et tranquillement part sur la gauche sans regarder derrière lui !
Encore 10 mn et deux lionnes avec deux jeunes nous font quelques pas sur la piste puis s’écartent ; une des lionnes s’arrête alors à gauche de la voiture, à quelques pas, et nous fixe plusieurs minutes… Superbe !
En les quittant, un bubale saute à travers la piste juste devant nous. Et enfin, un éléphant solitaire peu avant le grand radier… »
Voilà ! Espérons que cela présage d’une bonne année pour Boubandjida et témoigne de la vitalité de notre faune !
Cette année verra aussi l’avènement de l’appui de grands projets de conservation que nous avons appelé de nos vœux pendant toutes ces années. Espérons qu’ils seront de vrais tremplins pour l’avenir du parc et de sa région qui en on un grand besoin.
Ça se précise !
L’échéance approche, et les travaux vont bon train pour être prêts pour les fêtes, surtout depuis la décision tardive de reprendre les peintures dans plusieurs chambres…
Les gardes villageois reprennent timidement du service, mais j’espère bien qu’après les fêtes, nous pourrons remettre le pied à l’étrier à tous.
Grandes manœuvres aussi autour du projet de financement de l’Union Européenne, manœuvres que je suis avec attention et inquiétude, pour savoir à quelle sauce Boubandjida sera mangé !
En brousse – notre vraie raison d’être, et la seule capable de nous réconforter de toutes les difficultés rencontrées – nous avons entamé le travail d’ouverture des pistes, et bien qu’il ait relativement peu plu, il reste beaucoup de points humides encore inaccessibles. Pour autant, les tous premiers feux ont commencé, pas toujours initiés par nous d’ailleurs. Les animaux se montrent davantage chaque jour, et les éléphants ont saccagé une fois de plus fleurs et bougainvillées du lodge, ce qui commence à devenir une habitude déplaisante… Depuis le début des travaux les lions se font entendre presque toutes les nuits aux abords du campement, espérons qu’ils persévéreront longtemps dans la saison, pour la satisfaction des clients…
Premier partie de pêche aussi, avec une prise de 20 kg de Benoît, qui vient passer la saison à nos côtés et n’en espérait pas tant pour sa première pêche africaine et place la barre très haut pour ses prochaines pêches !
Dernier point, à l’attention de ceux qui se sont annoncés pour les fêtes, pensez à des vêtements chauds; il fait à peine 10 °C au petit matin !
Notre prochain retour étant probablement après les fêtes, nous vous souhaitons d’ores et déjà d’agréables fêtes de fin d’année et vous adressons tous nos vœux pour la nouvelle année…
Nous sommes à 10 jours de l’ouverture et le travail ne manque pas pour préparer le campement…D’autant que nous avons décidé de reprendre l’essentiel des peintures dans les cases et de faire des travaux importants à la cuisine, pour tenter de rendre les conditions de travail de Maï un peu plus agréable, elle le mérite bien…
En brousse, il est encore tôt pour se faire une opinion, nous avons entamé les travaux d’ouverture de pistes, mais il est encore tôt et la progression est lente. L’arrivée du nouveau conservateur à mis un coup d’arrêt à toutes les activités des équipes, le temps pour chacun de prendre ses marques… espérons que cela ne durera pas, d’autant que les indices témoignant du braconnage ne manquent pas, les braconniers étant comme par hasard les premiers informés de la suspension actuelle des activités!
La bonne nouvelle est que les pistes d’accès principales au parc, rénovées en fin de saison ont plutôt bien résisté à la saison des pluies et il ne nous faut guère plus de 5 heures pour arriver au lodge au départ de Garoua, ce qui est exceptionnel en début de saison…
Ouverture le 15 décembre comme prévu…
Retour au Cameroun
En cette fin du mois d’octobre nous sommes de retour au Cameroun pour préparer la nouvelle saison. Pour l’heure pas encore d’accès au Parc, mais les « ouvreurs » sont à pied d’œuvre pour rendre accessible le campement dans les meilleurs délais. En attendant la première visite au parc, le travail ne manque pas avec la remise en état des véhicules et matériels à Garoua…
Quelques nouvelles pour la saison à venir;
Les pluies ont été modestes semble t il et les dégradations pas trop importantes au dire d’Alexandre qui a visité régulièrement le campement au cours de l’intersaison. Les braconniers n’ont pas chômé, comme à leur habitude, mais avoir des informations sur le sujet témoigne au moins du fait que les équipes de surveillance étaient présentes… Il faudra arriver sur place pour se faire une vraie idée.
Un nouveau conservateur aussi (le quatrième en 5 ans) pour le parc ; il est vrai que le précédent n’était qu’intérimaire, mais tout sera une fois de plus à reprendre.
La grande nouvelle est que le parc a été rattaché à la composante savane du programme ECOFAC V, financée par l’Union Européenne. De grandes perspectives donc pour les 3 ans à venir, avec quelques craintes aussi devant les incertitudes attachées à ces grands projets …
A notre plus modeste échelle, l’octroi d’une subvention de la part de la fondation Van Tienhoven devrait permettre d’assurer l’essentiel pour la surveillance cette année. Merci à eux !
Nous avons également rajouté un petit bouton « DONS » à notre site web, pour permettre à ceux qui voudraient soutenir nos actions à le faire de la plus simple des manières… N’hésitez donc pas, et soyez assurés que ces sommes seront employées utilement en toute transparence à la bonne gestion du parc et à la sauvegarde de la faune. Merci à ceux qui ont d’ores et déjà testé le bon fonctionnement de ce bouton !
A très bientôt donc pour les premières nouvelles de terrain….
Voilà la saison est bouclée, le campement fermé…
Tout est rangé ou presque dans l’attente de la nouvelle saison…
Bien qu’il n’ai pas encore beaucoup plu, la nature est magnifique; l’air est lavé de toutes les poussières de l’harmattan, la verdure a remplacé les sols brûlés et nus et les animaux repus de la végétation fraîche sont resplendissants de vitalité dans cette luminosité si particulière du début de saison des pluies…
Dommage que les touristes ne viennent pas profiter de ces charmes !
Les premiers orages ont abattu un gros arbre en terrasse; fort heureusement pas trop de dégâts, mais son ombre nous fera défaut l’année prochaine !
Je profite de ce demi repos pour porter l’effort sur l’anti braconnage en profitant de l’enthousiasme des gardes au lendemain de la dotation des EU. Il sera certainement fugace, autant y aller. Je leur ai construit un franchissement en câbles par-dessus le mayo qui fait face au camp, afin qu’il n’y ait plus de prétextes pour refuser d’aller surveiller la partie Nord du parc, cruellement menacée en saison des pluies.
Notre grande préoccupation, de plus en plus criante d’année en année, tient à l’invasion des nomades peuls avec leurs troupeaux de bœufs immenses, invasion que rien ne parvient à endiguer et qui s’accompagne de nombreux préjudices : braconnage, concurrence pour l’eau et le pâturage, émondage des arbres, épizooties… De plus, voleurs de bétail, braconniers d’ivoire, coupeurs de route se fondent dans ces tribus nomades qui jouent et se jouent des frontières et où ils trouvent appui et renseignements pour commettre leurs méfaits… Le phénomène est bien connu, en Centrafrique et au Tchad par exemple, et si rien n’est fait il sera bientôt trop tard pour réagir.
Un survol fin mai a révélé la présence de plusieurs milliers de bœufs dans le tiers Nord du Parc, et notre modeste tentative de refoulement s’est soldée par une volée de flèches empoisonnées de la part de ces nomades particulièrement belliqueux, ce qui nous a conduit à battre en retraite… L’ULM était pour cela d’une efficacité sans pareille… Je pense de plus en plus fort à trouver une solution pour remettre cet outil formidable en œuvre… Si quelqu’un a des idées et des moyens, qu’il n’hésite pas !
Heureusement, ce phénomène annuel se produit à contre saison de la saison touristique, les nomades recherchant en premier lieu le pâturage verdoyant que nous valent des pluies plus précoces ici qu’au Tchad voisin. Ils retourneront chez eux à mesure du reverdissement des terres plus au Nord.
Pour l’heure nous nous efforçons de maintenir la pression afin de les dissuader de pénétrer plus au Sud…
Bientôt aussi quelques vacances bien méritées sans oublier les préparatifs de la saison à venir !
Alors à tous « Bonnes Vacances !!! »
Cette dernière quinzaine d’avril aura été une heureuse surprise; fréquentation inattendue, grâce aux congés de Paques très tardifs, et malgré les grandes chaleurs qui en dissuadent plus d’un. Nous n’avons donc pas chômé et mes grands plans d’anti-braconnage se sont souvent transformés en opération coup de poing sur la cuisine où j’ai prêté main forte à une Maï dégoulinante et submergée, mais qui a assuré avec brio les repas pour tous ces touristes affamés dans des conditions que nos clients n’imaginent même pas !
Entre des appros acrobatiques, à faire venir de Garoua (280km) où l’on ne trouve plus guère de légumes, ni de poulets lors des grandes chaleurs, de Ngaoundéré (270 km), où le frère de Maï squatte les voitures des clients pour livrer avec une valse de glacières, de cartons de blocs de glace…, de Yaoundé même d’où viennent des choses que chacun d’entre vous trouve au coin de la rue, entre nos minuscules frigos à gaz et les incessantes pénuries du même gaz, une machine à glace au pied de laquelle nous déposons un cierge tous les jours, un groupe électrogène cacochyme, Maï se démène comme un beau diable. Si au dehors la température à l’ombre atteint 42°C à l’ombre, on doit bien atteindre les 50°C dans la minuscule et pauvre cuisine, et je suis moi-même admiratif de l’énergie de ma cuisinière chérie, qui n’était absolument pas préparée à ça!
Le 27 avril nous recevons l’ambassade des Etats-Unis, et enfin, la dotation en matériel à laquelle je travaille depuis 3 ans ! Cela se passe super bien, une délégation modeste et sympathique, ambassadeur en tête, nous remets en toute simplicité le matériel si attendu.
Vélos et motos, radios, GPS, menottes, moustiquaires, toiles, chaussures, torches, jumelles, téléphones satellitaires, ordinateur, imprimante, etc… plein de matériel qui redonne un coup de fouet à tout le monde. Je ne manque pas de rappeler à tous que le matériel n’est rien sans la volonté des hommes, mais je sais que sauf malheur, c’est reparti !
Merci encore à eux, en notre nom à tous !
Depuis le début du mois nous avons d’ailleurs repris les choses en main et cela se solde par plusieurs arrestations et saisies, mais aussi par la confirmation que le braconnage a explosé au cours de cette année de reculade…
J’ai d’ailleurs encore trouvé deux carcasses d’éléphants datant de la fin d’année dernière et il doit en rester beaucoup à découvrir!
Les pluies qui ont commencé le 24 annoncent la fin de saison imminente, et nous n’attendons plus grand monde pour le mois de Mai. Je vais en profiter pour inaugurer tout ce matériel, avec une équipe re-motivée et l’espoir de lendemain meilleurs
Bref passage à Garoua pour cause de panne de groupe électrogène… Heureusement qu’il sera facile de réparer, car au plus chaud de la saison difficile d’imaginer recevoir des clients sans électricité, càd sans eau et surtout sans boissons glacées !
Depuis le début du mois nous avons décidé de contre attaquer sur le plan de l’anti braconnage; grâce à quelques recrutements et une reprise en main musclée, nous sortons quasiment chaque jour, pour de petites opérations d’un jour, deux au maximum, très mobiles. Le résultat ne s’est pas fait attendre; les braconniers avaient tellement pris leurs aises qu’il ne nous est pas bien difficile de les trouver!
Plusieurs arrestations, beaucoup de gens mis en fuite, pas mal de matériel saisi, dont 3 armes et 8 bicyclettes… A titre d’exemple, en un jour cinq groupes mis en fuite, deux personnes appréhendées le long du seul mayo Vaïmba, sur un vingtaine de km. Parmi eux je parviens, au bluff, à identifier l’un des auteurs de l’abattage de la panthère. Il me donnera le nom de ses complices, mais ceux ci ne risquent en réalité pas grand chose, personne n’ira les chercher à domicile ! Au moins seront ils informés qu’ils sont dans notre collimateur, ce qui les dissuadera peut être pour quelques temps de venir roder par chez nous.
Cerise sur le gâteau, l’ambassade des USA avec qui j’ai initié une demande de dotation en matériel il y a déjà trois ans, vient de m’annoncer que tout est prêt et que nous serons livrés ce mois ci ! Si je me réjouis sincèrement de cette dotation, je sais aussi qu’il ne sert à rien de multiplier les moyens, sans la volonté des hommes. Beaucoup de moyen et peu de volonté ne rivaliseront jamais avec beaucoup de volonté et peu de moyens….
Reste donc à trouver comment insuffler de la volonté dans les coeurs, et de ce côté là je n’ai pas encore trouvé l’ambassadeur capable d’assurer la dotation ! Il faudra aussi et toujours trouver de quoi payer les personnels, car de ce côté là, rien à attendre de nos gars, car sans argent, pas de travail.
Mars s’est passé sans que l’on ne s’en rende compte… la chaleur s’est installée progressivement avec des nuits et des matinées très fraîches encore jusqu’au 23, pour notre plus grand plaisir, 16, 17 ° au lever du jour, un vrai bonheur. A présent le tarissement des points d’eau s’accélère et concentre la faune qui abonde de partout. Bonnes surprises avec une densité étonnante de girafes, et des éléphants, partout des éléphants. Les élands sont là aussi, plus farouches bien sûr, mais en grand nombre avec des observations multiples dans tous les secteurs du parc. Difficile de passer un jour sans plusieurs rencontres.
Des mauvaises surprises aussi, avec la découverte d’un lion « câblé », pris au collet, et surtout une panthère, dont la tête coupée est déposée sur la route en signe de défi par les braconniers… – je vous épargne la photo –
Les braconniers voulaient ils nous défier ? Nous effrayer ? Ils n’ont réussi qu’à réveiller ma rage que je ne peux hélas pas partager avec grand monde…
A deux ou trois exceptions près, cela n’émeut personne… Mais l’incident a peut être du bon. Il réveille mes ardeurs de lutte et je décide de mettre les bouchées doubles avant le début de la saison des pluies, pour reconstituer une équipe valable de surveillance. Reste à trouver des fonds. En nous fournissant de pareils arguments, les braconniers nous auront peut être rendu service Pour financer correctement et au minimum l’anti braconnage il faudrait une trentaine de millier d’euros par an, et surtout de manière durable, car il n’y a rien de pire que les périodes de creux après une période plus faste…
Avis aux amateurs et aux âmes généreuses; une patrouille de 8 personnes, coûte environ 100€ en intégrant tous les frais.
En attendant, je nivelle, et crée des pistes dans des secteurs nouveaux. A chaque fois le même constat : la pression du braconnage est énorme, tout autour de nous, quelque fois sous nos yeux ! L’équipe de niveleuse se trouve ainsi à plusieurs reprises cernées par des centaines bœufs – nous sommes en plein dans la période des transhumances- et passe des nuits blanches à surveiller son matériel…
Elle met à plusieurs reprises des braconniers en fuite et détruit une base arrière où elle brûle une montagne de viande, « plus haute que moi » me dira le mécano, qui fort heureusement est un tout petit gabarit !
Elle parvient même à saisir une arme, ce qui témoigne de niveau de vigilance des braconniers, quand on pense au bruit que fait la machine. Le réseau de piste atteint à présent 700 km, et là aussi le budget d’entretien est énorme. Mais cela s’avère efficace. Moins que l’ULM toutefois qui me manque de plus en plus !! Là aussi, avis aux amateurs; le parc possède une piste de 800 m de long et si il y avait un peu de trafic aérien avec quelques survols de loisir, ce serait très certainement dissuasif…
Là ce serait vraiment joindre l’utile à l’agréable !
(Merci à Claude pour les survols en Dornier ces derniers jours ! nous avons d’ailleurs une jolie photo, vu d’en bas)
Le mois d’avril s’annonce difficile avec une belle affluence et il n’est pas sûr que nous auront le temps de sortir « à la ville » …D’ici là réfléchissez comment nous aider !!!
Pas de nouvelles ces dernières semaines… Nous sommes accaparés par notre saison et seule une très brève incursion à Garoua pour les appros et autres contraintes administratives nous vaut d’être ici.
En brousse tout se passe bien, la faune est là, les élands sont au rendez vous à présent et j’ai raté une photo de 7 magnifiques mâles, dont deux se trouvaient à quelques mètres de nous, lors de notre sortie « en ville » faute d’avoir emporté mon appareil photo…
Pendant que Maï s’affaire aux fourneaux, je profite de chaque instant pour aller en brousse et tenter de redynamiser un peu la LAB… Le manque de moyen est toujours notre souci premier et la defection d’une grande partie des effectifs après les drames de l’année passée, nous vaut de devoir recommencer à zéro, ou presque… Les braconniers évitent quand même de se risquer à boucaner la viande ce qui est déjà un atout considérable, puisqu’à poids égal, il ne parviennent à transporter qu’un tiers de gibier, voire moins.
Actuellement nous avons surtout affaire à des équipes légères qui mènent des incursions d’une nuit et s’en vont au petit matin chargés de viande fraîche, en prenant soin de laisser un minimum de traces. D’autant plus difficile pour nous de parvenir à du résultat.
Je regrette amèrement le temps où je disposais de l’ULM pour la surveillance.
Nous avons également pu saisir un troupeau complet de bœufs et ses trois bergers et avons convoyé le tout à Rey Bouba où nous les avons remis aux bons soins du Lamido… Inédit, mais cela sera-t-il suffisamment dissuasif ? J’en doute… Je fais davantage confiance au décret d’Idriss Deby le président du Tchad voisin qui interdit toute sortie de viande sur pieds de son territoire…Il sais mieux que nous se montrer convainquant !
Au programme des prochains jours la création de quelques nouvelles pistes pour améliorer notre mobilité et semer un peu plus d’insécurité dans le camp adverse !
Ce mois ci nous avons choisi de joindre l’agréable à l’agréable en ajoutant du bon au beau ! Grace aux talents de Philippe venu prêter main forte à Maï, les bras chargés de douceurs, nous avons eu droit à un WE gastronomique! Foie gras, magret fumés, crevettes de kribi, plateaux de fromages et desserts de folie… Tout cela au fond de la brousse à mille lieues de nulle part !! Ca rattrape nos colis perdus de Noël !!! C’est tellement bon qu’on en oublierai presque d’aller en brousse !

Merci Philippe, Merci les cousins !!!!

Ce serait dommage d’oublier d’aller en brousse, parce qu’avec les derniers feux et surtout le reverdissement des premiers arbres nous entrons dans le vif de la saison. Les girafes sont de retour pour goûter aux feuilles naissantes et les élands suivent petit à petit… ce qui nous vaut un safari vraiment sympathique, plein d’observations, toutes les espèces au rendez vous. Belles observations de panthères, lions, buffles, élands… sans parler des éléphants toujours au rendez vous…
Les congés scolaires de février s’annoncent un peu plus tardifs cette année, et le début du mois sera l’occasion de remettre l’accent sur la surveillance dans les périphéries du parc où les braconniers commencent à nouveau à s’enhardir…


Voilà, Boubandjida est entré dans le vif de la saison… après l’excitation des jours de fêtes nous avons pris un rythme un peu plus normal… Il fait toujours très frais, nous avons connu 10° au petit matin ces derniers jours… En brousse, les feux s’achèvent et la faune s’observe avec de plus en plus de facilité, beaucoup de lions observés ces jours derniers, et après les paysages désolés de la saison des feux de brousse, retour des girafes et des élands, qu’attirent les arbres qui reverdissent déjà. Un très gros troupeau d’éland, compté à environ 150 têtes a été vu ce dimanche vers le Nord à proximité immédiate d’un autre troupeau d’une cinquantaine…Tout ce qui témoigne d’une renaissance de la faune au Nord me réjouit, comme autant de victoires. Malheureusement beaucoup d’indices de braconnage aussi dans ce secteur Nord, et Ouest aussi où la faiblesse de nos moyens et la désertion de nos troupes après les mésaventures de l’année passée ont laissé le champ libre aux braconniers ces derniers mois, braconniers qui par provocation ont installé leurs campements bien en évidence sur les pistes… Les braconniers d’éléphant ont également sévi récemment, de nouvelles carcasses ayant été trouvées en périphérie du parc, au Nord Ouest.
Je me console en me disant que ça ne peut pas être pire que cela était avant notre venue, où des années durant rien n’était fait ou presque en matière de surveillance. L’augmentation de densité de la faune est vraiment impressionnante, et je ne dis pas cela pour vous!
Nous avons cependant besoin de restructurer nos effectifs pour aller plus loin dans la reconquête du parc. Pour cela il n’y a pas de mystères il nous faut davantage de moyens de fonctionnement pour payer nos patrouilles…
Nous cherchons un partenaire durable pour cela, avis aux mécènes !
Une bonne nouvelle aussi est le démarrage des travaux de réfection de la grande route entre le carrefour de Guidjiba et Tcholliré; espérons que cela ira rapidement à son terme !
Je tente une fois encore de vous proposer quelques images mais c’est un défi toujours aussi laborieux !
Devant la terrasse….

Partage après une journée d’emmerveillement
Il n’est pas trop tard pour vous transmettre à tous nos meilleurs voeux en ce tout début d’année 2011, mais vous comprendrez tous qu’accaparés par la période des fêtes et loin du réseau nous n’ayons pu faire plus vite !
Les fêtes se sont très bien passées, avec une belle affluence. Malgré la tardive saison des pluies qui a retardé les brûlages, la faune était au rendez vous, notamment les éléphants, très présents tous ces jours ci. Un peu plus mitigé du côté des élands et girafes qui, friands de feuillages frais ne sont pas très motivés par les grandes étendues brûlées de début de saison ! Lions et panthères ont été vus à plusieurs reprises aussi et notamment au Nord du parc, où ils n’avaient pas été observés depuis fort longtemps.
Revoir les lions s’installer au Nord du parc était l’un des challenges que je m’étais fixé, voilà donc un objectif d’atteint ! Il en reste beaucoup pour autant avant de compléter le tableau. D’autant que les braconniers ne chôment pas non plus, depuis la démobilisation d’une bonne partie de nos gardes, échaudés par la mésaventure de l’année passée.
Pour l’heure réapprovisionnement à Garoua, en vitesse, et retour au campement. nous tâcherons d’être plus prolixe et de vous faire profiter de quelques photos dès le prochain voyage…
Depuis mon dernier mot, trois allers retours à Garoua, pour cause de pannes diverses…
Le réaménagement du camp est particulièrement fastidieux cette année, car nous avions jugé prudent de sortir tout le matériel à la fin de la saison dernière… Entre casse, « pertes » et l’inévitable et importante évaporation de tout ce qui n’est pas gardé sous surveillance, – normal sous ces latitudes paraît il – les occasions de se prendre la tête à deux mains sont légion.
Pour compléter le tableau, panne de pompe à eau, puis de groupe électrogène, puis re – pompe à eau, et encore de groupe electrogène, puis de machine à glace… sans parler des pannes de camion et autres douceurs du genre
A chaque fois je suis bon pour un aller retour à Garoua, soit 560 km…
Faut dire que l’essentiel des matériels date plus ou moins des débuts du campement et n’a jamais été remplacé, sauf sur le papier…
Heureusement que j’ai plus ou moins mon propre matériel disponible, m’enfin il n’y a pas que le matériel qui s’use…
Bref tout cela pour dire que nous sommes malgré tout à peu près prêts, une bonne partie des pistes ouvertes, et le campement d’ores et déjà opérationnel malgré quelques pinceaux et marteaux qui s’agitent encore de ci de là… reste à faire les approvisionnement alimentaires et le tour sera joué…
Devant le camp la mare reste importante, et trois gros crocodiles se prélassent sur les berges à l’heure de la sieste, les brûlages démarrent tout doucement, sauf ceux réalisés par les braconniers, jamais en retard, contrairement à nos anti (?) braconniers qui attendent de voir les premiers clients pour montrer le bout de leur nez…
Nous voilà de retour de la première visite au campement, où accompagnés de Philippe qui est venu nous prêter main forte pendant ces quelques jours nous avons pu enfin lancer les chantiers de remise en marche du campement.
Premier constat, malgré une saison des pluies exceptionnelle, les pistes ne sont pas pires (ni meilleures hélas!) que les années passées ! L’eau a effectivement été abondante à en croire les nombreux petits mayos qui coulent encore, le ravinement de certaines rigoles qui sont aujourd’hui des rivières et le niveau de l’eau dans les cours d’eau. Devant le Lodge, la mare résiduelle de mayo Liddi n’a jamais été aussi grande et donne un air encore plus agréable au site.
Dans le parc, les précurseurs ont fait un bon travail et le camp est accessible sans plus d’encombres… Le camion est ainsi arrivé au prix d’un seul embourbement de deux heures, autant dire sans difficultés! Au campement pas de dégâts majeurs, mais beaucoup de petits travaux à faire, la difficulté résidant surtout dans les délais; nous avons trois petites semaines de retard par rapport aux années passées.
Malgré le confort relatif, nous profitons quand même avec délectation de ce premier séjour en brousse à jouir de la douceur de la nuit, des paysages, et si il est difficile de voir beaucoup de faune pour l’heure dans les hautes herbes, la visite de notre « mascotte » l’éléphant en plein après midi suffit à nous satisfaire. Selon les gardes, il n’a pas perdu ses habitudes au campement autour du quel il n’a cessé de roder toute la saison des pluies, mettant à sac toutes les plantations. Il ne reste rien de nos jolis parterres, bananiers et papayers sont exterminés depuis belle lurette, et même les bougainvilliers n’ont pas trouvé grâce à ses yeux.
La panthère aussi est restée fidèle et suit notre voiture le jour de notre arrivée, jusqu’à l’intérieur du camp !
Petit extra original, la soirée au coin du feu à déguster des marrons chauds, cuits dans la braise…
La pompe à eau en panne nous oblige à un rapide retour vers Garoua, où nous découvrons avec stupéfaction que le container qui abrite tous nos matériels fragiles a pris l’eau toute la saison des pluies durant sans rien dire, et notre magnifique rotin ainsi que pas mal de matériels ont sérieusement souffert de séjourner ainsi dans l’humidité….
Nous avions vous dit qu’au mois d’avril, alors que le blog était en panne, Nicolas Gruaud et Boris Jolivet, respectivement Cameraman – réalisateur et preneur de son, avaient passé un mois en notre compagnie pour réaliser un film sur nos activités dans le parc et en direction des villages voisins ?
Le fruit de leur travail, produit par SEPPIA production a été diffusé sur SWR la semaine passée et sera diffusé le 10 décembre sur USHUAÏA TV, à 20 h 40.
Un petit extrait :
Le film sera également diffusé sur ARTE ultérieurement ainsi que sur Mosaïk TV…
Nous les en remercions et attendons vos commentaires ….
Translating...

























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