Après une période des fêtes particulièrement animée nous sommes revenus à des jours plus calmes… Janvier est traditionnellement creux et nous en profitons pour nous remettre de l’intense activité qui a précédé l’ouverture de campagne…
Le démarrage en fanfare en matière d’observations de faune est suivi d’une douche froide, avec les échos du retour des braconniers d’ivoire, qualifié de « braconnage soudanais »… Ces braconniers montés à chevaux et puissamment armés écument à nouveau la région et déciment les troupeaux d’éléphants dans les environs… Il est question de plusieurs dizaines d’animaux abattus dans la proche région du parc. Très mobiles et aguerris, les braconniers ne semblent guerre se soucier d’une quelconque réaction… De plus ils se savent largement soutenus par les populations qui ne voient pas d’un mauvais œil la destruction des éléphants responsables de la dévastation des cultures, et qui sont de surcroit ravies de bénéficier de la viande des animaux abattus pour leur seul ivoire.
Il semble qu’à cette heure les cavaliers ont retraversé la frontière sans peine, en attendant un prochain raid… Pourtant nous avons obtenu le secours des militaires et même un avion d’observation a été mobilisé, sans succès… Mais au moins sommes nous parvenus à coordonner nos efforts … Espérons que cela finira par produire un résultat…
Grandes manœuvres aussi autour des projets qui se penchent au chevet de Boubandjida…. Après des années de sécheresse financière il semble que la manne financière s’abatte à présent sur le parc et les environs. Espérons que cette grêle financière ne détruise pas les fragiles plans que nous avons semés au cours des dernières années …
A notre niveau nous tentons de remettre sur pied une organisation cohérente et renforcée de lutte anti braconnage, en collaboration avec le Lamidat et les ZIC voisines… Eternel recommencement, rendu indispensable par une situation actuelle plus qu’inquiétante…
Petits nouveaux à Boubandjida aussi ! Le jardin zoologique de Limbé nous a remis trois tortues Sulcata, ces tortues géantes qui existaient autrefois dans la région et qui en ont complètement disparu. Si elles parviennent à se reproduire, nous tenterons de les réintroduire dans leur habitat naturel… Pari difficile, mais ce n’est pas le premier !
Bonne Année !
Une période de Noël bien chargée qui nous a mobilisés plus de trois semaines en brousse, sans retour vers la ville. C’est donc avec notre coutumier retard que nous vous souhaitons une bonne année 2012 , en vous proposant un peu de la sérénité et de la quiétude de notre vie au cœur de la nature originelle!
En ce tout début de saison, les feux très tardifs cette année ont limité la vision des éléphants et girafes, mais la période a été très propice à l’observation des carnivores. Les lions ont été observés par de nombreux clients et malgré l’agitation au camp, rares ont été les nuits où les rugissements du couple d’habitués ne se sont pas fait entendre au campement, parfois très très près !
Nous avons même pu observer en face du campement l’attaque d’un hippotrague par un lion mis en fuite par un second hippotrague. Dans les hautes pailles il était difficile d’y voir clair, mais la séquence émotion était au rendez vous…

Quelques belles observations de panthères aussi, dont celle-ci , contribution de la famille Reynaud, et l’extrait de ce mail de Vincent …
« Et nous avons été gâtés le mercredi matin en partant:
D’abord, nous entendions les lions rugir à notre réveil.
Départ du camp à 5h50… 10 mn après, 2 ou 3 lions se laissent surprendre devant nous sur la piste mais rentrent vite en brousse.
Encore 10 mn et un beau mâle, seul, fait le fier devant nous ; il marche tranquillement en prenant le temps de pisser sur les arbres du bord de piste ; je fais ronfler le moteur (sans avancer) et il se retourne pour nous toiser, continue d’avancer et tranquillement part sur la gauche sans regarder derrière lui !
Encore 10 mn et deux lionnes avec deux jeunes nous font quelques pas sur la piste puis s’écartent ; une des lionnes s’arrête alors à gauche de la voiture, à quelques pas, et nous fixe plusieurs minutes… Superbe !
En les quittant, un bubale saute à travers la piste juste devant nous. Et enfin, un éléphant solitaire peu avant le grand radier… »
Voilà ! Espérons que cela présage d’une bonne année pour Boubandjida et témoigne de la vitalité de notre faune !
Cette année verra aussi l’avènement de l’appui de grands projets de conservation que nous avons appelé de nos vœux pendant toutes ces années. Espérons qu’ils seront de vrais tremplins pour l’avenir du parc et de sa région qui en on un grand besoin.
Ça se précise !
L’échéance approche, et les travaux vont bon train pour être prêts pour les fêtes, surtout depuis la décision tardive de reprendre les peintures dans plusieurs chambres…
Les gardes villageois reprennent timidement du service, mais j’espère bien qu’après les fêtes, nous pourrons remettre le pied à l’étrier à tous.
Grandes manœuvres aussi autour du projet de financement de l’Union Européenne, manœuvres que je suis avec attention et inquiétude, pour savoir à quelle sauce Boubandjida sera mangé !
En brousse – notre vraie raison d’être, et la seule capable de nous réconforter de toutes les difficultés rencontrées – nous avons entamé le travail d’ouverture des pistes, et bien qu’il ait relativement peu plu, il reste beaucoup de points humides encore inaccessibles. Pour autant, les tous premiers feux ont commencé, pas toujours initiés par nous d’ailleurs. Les animaux se montrent davantage chaque jour, et les éléphants ont saccagé une fois de plus fleurs et bougainvillées du lodge, ce qui commence à devenir une habitude déplaisante… Depuis le début des travaux les lions se font entendre presque toutes les nuits aux abords du campement, espérons qu’ils persévéreront longtemps dans la saison, pour la satisfaction des clients…
Premier partie de pêche aussi, avec une prise de 20 kg de Benoît, qui vient passer la saison à nos côtés et n’en espérait pas tant pour sa première pêche africaine et place la barre très haut pour ses prochaines pêches !
Dernier point, à l’attention de ceux qui se sont annoncés pour les fêtes, pensez à des vêtements chauds; il fait à peine 10 °C au petit matin !
Notre prochain retour étant probablement après les fêtes, nous vous souhaitons d’ores et déjà d’agréables fêtes de fin d’année et vous adressons tous nos vœux pour la nouvelle année…
Nous sommes à 10 jours de l’ouverture et le travail ne manque pas pour préparer le campement…D’autant que nous avons décidé de reprendre l’essentiel des peintures dans les cases et de faire des travaux importants à la cuisine, pour tenter de rendre les conditions de travail de Maï un peu plus agréable, elle le mérite bien…
En brousse, il est encore tôt pour se faire une opinion, nous avons entamé les travaux d’ouverture de pistes, mais il est encore tôt et la progression est lente. L’arrivée du nouveau conservateur à mis un coup d’arrêt à toutes les activités des équipes, le temps pour chacun de prendre ses marques… espérons que cela ne durera pas, d’autant que les indices témoignant du braconnage ne manquent pas, les braconniers étant comme par hasard les premiers informés de la suspension actuelle des activités!
La bonne nouvelle est que les pistes d’accès principales au parc, rénovées en fin de saison ont plutôt bien résisté à la saison des pluies et il ne nous faut guère plus de 5 heures pour arriver au lodge au départ de Garoua, ce qui est exceptionnel en début de saison…
Ouverture le 15 décembre comme prévu…
Retour au Cameroun
En cette fin du mois d’octobre nous sommes de retour au Cameroun pour préparer la nouvelle saison. Pour l’heure pas encore d’accès au Parc, mais les « ouvreurs » sont à pied d’œuvre pour rendre accessible le campement dans les meilleurs délais. En attendant la première visite au parc, le travail ne manque pas avec la remise en état des véhicules et matériels à Garoua…
Quelques nouvelles pour la saison à venir;
Les pluies ont été modestes semble t il et les dégradations pas trop importantes au dire d’Alexandre qui a visité régulièrement le campement au cours de l’intersaison. Les braconniers n’ont pas chômé, comme à leur habitude, mais avoir des informations sur le sujet témoigne au moins du fait que les équipes de surveillance étaient présentes… Il faudra arriver sur place pour se faire une vraie idée.
Un nouveau conservateur aussi (le quatrième en 5 ans) pour le parc ; il est vrai que le précédent n’était qu’intérimaire, mais tout sera une fois de plus à reprendre.
La grande nouvelle est que le parc a été rattaché à la composante savane du programme ECOFAC V, financée par l’Union Européenne. De grandes perspectives donc pour les 3 ans à venir, avec quelques craintes aussi devant les incertitudes attachées à ces grands projets …
A notre plus modeste échelle, l’octroi d’une subvention de la part de la fondation Van Tienhoven devrait permettre d’assurer l’essentiel pour la surveillance cette année. Merci à eux !
Nous avons également rajouté un petit bouton « DONS » à notre site web, pour permettre à ceux qui voudraient soutenir nos actions à le faire de la plus simple des manières… N’hésitez donc pas, et soyez assurés que ces sommes seront employées utilement en toute transparence à la bonne gestion du parc et à la sauvegarde de la faune. Merci à ceux qui ont d’ores et déjà testé le bon fonctionnement de ce bouton !
A très bientôt donc pour les premières nouvelles de terrain….
Voilà la saison est bouclée, le campement fermé…
Tout est rangé ou presque dans l’attente de la nouvelle saison…
Bien qu’il n’ai pas encore beaucoup plu, la nature est magnifique; l’air est lavé de toutes les poussières de l’harmattan, la verdure a remplacé les sols brûlés et nus et les animaux repus de la végétation fraîche sont resplendissants de vitalité dans cette luminosité si particulière du début de saison des pluies…
Dommage que les touristes ne viennent pas profiter de ces charmes !
Les premiers orages ont abattu un gros arbre en terrasse; fort heureusement pas trop de dégâts, mais son ombre nous fera défaut l’année prochaine !
Je profite de ce demi repos pour porter l’effort sur l’anti braconnage en profitant de l’enthousiasme des gardes au lendemain de la dotation des EU. Il sera certainement fugace, autant y aller. Je leur ai construit un franchissement en câbles par-dessus le mayo qui fait face au camp, afin qu’il n’y ait plus de prétextes pour refuser d’aller surveiller la partie Nord du parc, cruellement menacée en saison des pluies.
Notre grande préoccupation, de plus en plus criante d’année en année, tient à l’invasion des nomades peuls avec leurs troupeaux de bœufs immenses, invasion que rien ne parvient à endiguer et qui s’accompagne de nombreux préjudices : braconnage, concurrence pour l’eau et le pâturage, émondage des arbres, épizooties… De plus, voleurs de bétail, braconniers d’ivoire, coupeurs de route se fondent dans ces tribus nomades qui jouent et se jouent des frontières et où ils trouvent appui et renseignements pour commettre leurs méfaits… Le phénomène est bien connu, en Centrafrique et au Tchad par exemple, et si rien n’est fait il sera bientôt trop tard pour réagir.
Un survol fin mai a révélé la présence de plusieurs milliers de bœufs dans le tiers Nord du Parc, et notre modeste tentative de refoulement s’est soldée par une volée de flèches empoisonnées de la part de ces nomades particulièrement belliqueux, ce qui nous a conduit à battre en retraite… L’ULM était pour cela d’une efficacité sans pareille… Je pense de plus en plus fort à trouver une solution pour remettre cet outil formidable en œuvre… Si quelqu’un a des idées et des moyens, qu’il n’hésite pas !
Heureusement, ce phénomène annuel se produit à contre saison de la saison touristique, les nomades recherchant en premier lieu le pâturage verdoyant que nous valent des pluies plus précoces ici qu’au Tchad voisin. Ils retourneront chez eux à mesure du reverdissement des terres plus au Nord.
Pour l’heure nous nous efforçons de maintenir la pression afin de les dissuader de pénétrer plus au Sud…
Bientôt aussi quelques vacances bien méritées sans oublier les préparatifs de la saison à venir !
Alors à tous « Bonnes Vacances !!! »
Cette dernière quinzaine d’avril aura été une heureuse surprise; fréquentation inattendue, grâce aux congés de Paques très tardifs, et malgré les grandes chaleurs qui en dissuadent plus d’un. Nous n’avons donc pas chômé et mes grands plans d’anti-braconnage se sont souvent transformés en opération coup de poing sur la cuisine où j’ai prêté main forte à une Maï dégoulinante et submergée, mais qui a assuré avec brio les repas pour tous ces touristes affamés dans des conditions que nos clients n’imaginent même pas !
Entre des appros acrobatiques, à faire venir de Garoua (280km) où l’on ne trouve plus guère de légumes, ni de poulets lors des grandes chaleurs, de Ngaoundéré (270 km), où le frère de Maï squatte les voitures des clients pour livrer avec une valse de glacières, de cartons de blocs de glace…, de Yaoundé même d’où viennent des choses que chacun d’entre vous trouve au coin de la rue, entre nos minuscules frigos à gaz et les incessantes pénuries du même gaz, une machine à glace au pied de laquelle nous déposons un cierge tous les jours, un groupe électrogène cacochyme, Maï se démène comme un beau diable. Si au dehors la température à l’ombre atteint 42°C à l’ombre, on doit bien atteindre les 50°C dans la minuscule et pauvre cuisine, et je suis moi-même admiratif de l’énergie de ma cuisinière chérie, qui n’était absolument pas préparée à ça!
Le 27 avril nous recevons l’ambassade des Etats-Unis, et enfin, la dotation en matériel à laquelle je travaille depuis 3 ans ! Cela se passe super bien, une délégation modeste et sympathique, ambassadeur en tête, nous remets en toute simplicité le matériel si attendu.
Vélos et motos, radios, GPS, menottes, moustiquaires, toiles, chaussures, torches, jumelles, téléphones satellitaires, ordinateur, imprimante, etc… plein de matériel qui redonne un coup de fouet à tout le monde. Je ne manque pas de rappeler à tous que le matériel n’est rien sans la volonté des hommes, mais je sais que sauf malheur, c’est reparti !
Merci encore à eux, en notre nom à tous !
Depuis le début du mois nous avons d’ailleurs repris les choses en main et cela se solde par plusieurs arrestations et saisies, mais aussi par la confirmation que le braconnage a explosé au cours de cette année de reculade…
J’ai d’ailleurs encore trouvé deux carcasses d’éléphants datant de la fin d’année dernière et il doit en rester beaucoup à découvrir!
Les pluies qui ont commencé le 24 annoncent la fin de saison imminente, et nous n’attendons plus grand monde pour le mois de Mai. Je vais en profiter pour inaugurer tout ce matériel, avec une équipe re-motivée et l’espoir de lendemain meilleurs
Bref passage à Garoua pour cause de panne de groupe électrogène… Heureusement qu’il sera facile de réparer, car au plus chaud de la saison difficile d’imaginer recevoir des clients sans électricité, càd sans eau et surtout sans boissons glacées !
Depuis le début du mois nous avons décidé de contre attaquer sur le plan de l’anti braconnage; grâce à quelques recrutements et une reprise en main musclée, nous sortons quasiment chaque jour, pour de petites opérations d’un jour, deux au maximum, très mobiles. Le résultat ne s’est pas fait attendre; les braconniers avaient tellement pris leurs aises qu’il ne nous est pas bien difficile de les trouver!
Plusieurs arrestations, beaucoup de gens mis en fuite, pas mal de matériel saisi, dont 3 armes et 8 bicyclettes… A titre d’exemple, en un jour cinq groupes mis en fuite, deux personnes appréhendées le long du seul mayo Vaïmba, sur un vingtaine de km. Parmi eux je parviens, au bluff, à identifier l’un des auteurs de l’abattage de la panthère. Il me donnera le nom de ses complices, mais ceux ci ne risquent en réalité pas grand chose, personne n’ira les chercher à domicile ! Au moins seront ils informés qu’ils sont dans notre collimateur, ce qui les dissuadera peut être pour quelques temps de venir roder par chez nous.
Cerise sur le gâteau, l’ambassade des USA avec qui j’ai initié une demande de dotation en matériel il y a déjà trois ans, vient de m’annoncer que tout est prêt et que nous serons livrés ce mois ci ! Si je me réjouis sincèrement de cette dotation, je sais aussi qu’il ne sert à rien de multiplier les moyens, sans la volonté des hommes. Beaucoup de moyen et peu de volonté ne rivaliseront jamais avec beaucoup de volonté et peu de moyens….
Reste donc à trouver comment insuffler de la volonté dans les coeurs, et de ce côté là je n’ai pas encore trouvé l’ambassadeur capable d’assurer la dotation ! Il faudra aussi et toujours trouver de quoi payer les personnels, car de ce côté là, rien à attendre de nos gars, car sans argent, pas de travail.
Mars s’est passé sans que l’on ne s’en rende compte… la chaleur s’est installée progressivement avec des nuits et des matinées très fraîches encore jusqu’au 23, pour notre plus grand plaisir, 16, 17 ° au lever du jour, un vrai bonheur. A présent le tarissement des points d’eau s’accélère et concentre la faune qui abonde de partout. Bonnes surprises avec une densité étonnante de girafes, et des éléphants, partout des éléphants. Les élands sont là aussi, plus farouches bien sûr, mais en grand nombre avec des observations multiples dans tous les secteurs du parc. Difficile de passer un jour sans plusieurs rencontres.
Des mauvaises surprises aussi, avec la découverte d’un lion « câblé », pris au collet, et surtout une panthère, dont la tête coupée est déposée sur la route en signe de défi par les braconniers… – je vous épargne la photo –
Les braconniers voulaient ils nous défier ? Nous effrayer ? Ils n’ont réussi qu’à réveiller ma rage que je ne peux hélas pas partager avec grand monde…
A deux ou trois exceptions près, cela n’émeut personne… Mais l’incident a peut être du bon. Il réveille mes ardeurs de lutte et je décide de mettre les bouchées doubles avant le début de la saison des pluies, pour reconstituer une équipe valable de surveillance. Reste à trouver des fonds. En nous fournissant de pareils arguments, les braconniers nous auront peut être rendu service Pour financer correctement et au minimum l’anti braconnage il faudrait une trentaine de millier d’euros par an, et surtout de manière durable, car il n’y a rien de pire que les périodes de creux après une période plus faste…
Avis aux amateurs et aux âmes généreuses; une patrouille de 8 personnes, coûte environ 100€ en intégrant tous les frais.
En attendant, je nivelle, et crée des pistes dans des secteurs nouveaux. A chaque fois le même constat : la pression du braconnage est énorme, tout autour de nous, quelque fois sous nos yeux ! L’équipe de niveleuse se trouve ainsi à plusieurs reprises cernées par des centaines bœufs – nous sommes en plein dans la période des transhumances- et passe des nuits blanches à surveiller son matériel…
Elle met à plusieurs reprises des braconniers en fuite et détruit une base arrière où elle brûle une montagne de viande, « plus haute que moi » me dira le mécano, qui fort heureusement est un tout petit gabarit !
Elle parvient même à saisir une arme, ce qui témoigne de niveau de vigilance des braconniers, quand on pense au bruit que fait la machine. Le réseau de piste atteint à présent 700 km, et là aussi le budget d’entretien est énorme. Mais cela s’avère efficace. Moins que l’ULM toutefois qui me manque de plus en plus !! Là aussi, avis aux amateurs; le parc possède une piste de 800 m de long et si il y avait un peu de trafic aérien avec quelques survols de loisir, ce serait très certainement dissuasif…
Là ce serait vraiment joindre l’utile à l’agréable !
(Merci à Claude pour les survols en Dornier ces derniers jours ! nous avons d’ailleurs une jolie photo, vu d’en bas)
Le mois d’avril s’annonce difficile avec une belle affluence et il n’est pas sûr que nous auront le temps de sortir « à la ville » …D’ici là réfléchissez comment nous aider !!!
Pas de nouvelles ces dernières semaines… Nous sommes accaparés par notre saison et seule une très brève incursion à Garoua pour les appros et autres contraintes administratives nous vaut d’être ici.
En brousse tout se passe bien, la faune est là, les élands sont au rendez vous à présent et j’ai raté une photo de 7 magnifiques mâles, dont deux se trouvaient à quelques mètres de nous, lors de notre sortie « en ville » faute d’avoir emporté mon appareil photo…
Pendant que Maï s’affaire aux fourneaux, je profite de chaque instant pour aller en brousse et tenter de redynamiser un peu la LAB… Le manque de moyen est toujours notre souci premier et la defection d’une grande partie des effectifs après les drames de l’année passée, nous vaut de devoir recommencer à zéro, ou presque… Les braconniers évitent quand même de se risquer à boucaner la viande ce qui est déjà un atout considérable, puisqu’à poids égal, il ne parviennent à transporter qu’un tiers de gibier, voire moins.
Actuellement nous avons surtout affaire à des équipes légères qui mènent des incursions d’une nuit et s’en vont au petit matin chargés de viande fraîche, en prenant soin de laisser un minimum de traces. D’autant plus difficile pour nous de parvenir à du résultat.
Je regrette amèrement le temps où je disposais de l’ULM pour la surveillance.
Nous avons également pu saisir un troupeau complet de bœufs et ses trois bergers et avons convoyé le tout à Rey Bouba où nous les avons remis aux bons soins du Lamido… Inédit, mais cela sera-t-il suffisamment dissuasif ? J’en doute… Je fais davantage confiance au décret d’Idriss Deby le président du Tchad voisin qui interdit toute sortie de viande sur pieds de son territoire…Il sais mieux que nous se montrer convainquant !
Au programme des prochains jours la création de quelques nouvelles pistes pour améliorer notre mobilité et semer un peu plus d’insécurité dans le camp adverse !
Ce mois ci nous avons choisi de joindre l’agréable à l’agréable en ajoutant du bon au beau ! Grace aux talents de Philippe venu prêter main forte à Maï, les bras chargés de douceurs, nous avons eu droit à un WE gastronomique! Foie gras, magret fumés, crevettes de kribi, plateaux de fromages et desserts de folie… Tout cela au fond de la brousse à mille lieues de nulle part !! Ca rattrape nos colis perdus de Noël !!! C’est tellement bon qu’on en oublierai presque d’aller en brousse !

Merci Philippe, Merci les cousins !!!!

Ce serait dommage d’oublier d’aller en brousse, parce qu’avec les derniers feux et surtout le reverdissement des premiers arbres nous entrons dans le vif de la saison. Les girafes sont de retour pour goûter aux feuilles naissantes et les élands suivent petit à petit… ce qui nous vaut un safari vraiment sympathique, plein d’observations, toutes les espèces au rendez vous. Belles observations de panthères, lions, buffles, élands… sans parler des éléphants toujours au rendez vous…
Les congés scolaires de février s’annoncent un peu plus tardifs cette année, et le début du mois sera l’occasion de remettre l’accent sur la surveillance dans les périphéries du parc où les braconniers commencent à nouveau à s’enhardir…


Voilà, Boubandjida est entré dans le vif de la saison… après l’excitation des jours de fêtes nous avons pris un rythme un peu plus normal… Il fait toujours très frais, nous avons connu 10° au petit matin ces derniers jours… En brousse, les feux s’achèvent et la faune s’observe avec de plus en plus de facilité, beaucoup de lions observés ces jours derniers, et après les paysages désolés de la saison des feux de brousse, retour des girafes et des élands, qu’attirent les arbres qui reverdissent déjà. Un très gros troupeau d’éland, compté à environ 150 têtes a été vu ce dimanche vers le Nord à proximité immédiate d’un autre troupeau d’une cinquantaine…Tout ce qui témoigne d’une renaissance de la faune au Nord me réjouit, comme autant de victoires. Malheureusement beaucoup d’indices de braconnage aussi dans ce secteur Nord, et Ouest aussi où la faiblesse de nos moyens et la désertion de nos troupes après les mésaventures de l’année passée ont laissé le champ libre aux braconniers ces derniers mois, braconniers qui par provocation ont installé leurs campements bien en évidence sur les pistes… Les braconniers d’éléphant ont également sévi récemment, de nouvelles carcasses ayant été trouvées en périphérie du parc, au Nord Ouest.
Je me console en me disant que ça ne peut pas être pire que cela était avant notre venue, où des années durant rien n’était fait ou presque en matière de surveillance. L’augmentation de densité de la faune est vraiment impressionnante, et je ne dis pas cela pour vous!
Nous avons cependant besoin de restructurer nos effectifs pour aller plus loin dans la reconquête du parc. Pour cela il n’y a pas de mystères il nous faut davantage de moyens de fonctionnement pour payer nos patrouilles…
Nous cherchons un partenaire durable pour cela, avis aux mécènes !
Une bonne nouvelle aussi est le démarrage des travaux de réfection de la grande route entre le carrefour de Guidjiba et Tcholliré; espérons que cela ira rapidement à son terme !
Je tente une fois encore de vous proposer quelques images mais c’est un défi toujours aussi laborieux !
Devant la terrasse….

Partage après une journée d’emmerveillement
Il n’est pas trop tard pour vous transmettre à tous nos meilleurs voeux en ce tout début d’année 2011, mais vous comprendrez tous qu’accaparés par la période des fêtes et loin du réseau nous n’ayons pu faire plus vite !
Les fêtes se sont très bien passées, avec une belle affluence. Malgré la tardive saison des pluies qui a retardé les brûlages, la faune était au rendez vous, notamment les éléphants, très présents tous ces jours ci. Un peu plus mitigé du côté des élands et girafes qui, friands de feuillages frais ne sont pas très motivés par les grandes étendues brûlées de début de saison ! Lions et panthères ont été vus à plusieurs reprises aussi et notamment au Nord du parc, où ils n’avaient pas été observés depuis fort longtemps.
Revoir les lions s’installer au Nord du parc était l’un des challenges que je m’étais fixé, voilà donc un objectif d’atteint ! Il en reste beaucoup pour autant avant de compléter le tableau. D’autant que les braconniers ne chôment pas non plus, depuis la démobilisation d’une bonne partie de nos gardes, échaudés par la mésaventure de l’année passée.
Pour l’heure réapprovisionnement à Garoua, en vitesse, et retour au campement. nous tâcherons d’être plus prolixe et de vous faire profiter de quelques photos dès le prochain voyage…
Depuis mon dernier mot, trois allers retours à Garoua, pour cause de pannes diverses…
Le réaménagement du camp est particulièrement fastidieux cette année, car nous avions jugé prudent de sortir tout le matériel à la fin de la saison dernière… Entre casse, « pertes » et l’inévitable et importante évaporation de tout ce qui n’est pas gardé sous surveillance, – normal sous ces latitudes paraît il – les occasions de se prendre la tête à deux mains sont légion.
Pour compléter le tableau, panne de pompe à eau, puis de groupe électrogène, puis re – pompe à eau, et encore de groupe electrogène, puis de machine à glace… sans parler des pannes de camion et autres douceurs du genre
A chaque fois je suis bon pour un aller retour à Garoua, soit 560 km…
Faut dire que l’essentiel des matériels date plus ou moins des débuts du campement et n’a jamais été remplacé, sauf sur le papier…
Heureusement que j’ai plus ou moins mon propre matériel disponible, m’enfin il n’y a pas que le matériel qui s’use…
Bref tout cela pour dire que nous sommes malgré tout à peu près prêts, une bonne partie des pistes ouvertes, et le campement d’ores et déjà opérationnel malgré quelques pinceaux et marteaux qui s’agitent encore de ci de là… reste à faire les approvisionnement alimentaires et le tour sera joué…
Devant le camp la mare reste importante, et trois gros crocodiles se prélassent sur les berges à l’heure de la sieste, les brûlages démarrent tout doucement, sauf ceux réalisés par les braconniers, jamais en retard, contrairement à nos anti (?) braconniers qui attendent de voir les premiers clients pour montrer le bout de leur nez…
Nous voilà de retour de la première visite au campement, où accompagnés de Philippe qui est venu nous prêter main forte pendant ces quelques jours nous avons pu enfin lancer les chantiers de remise en marche du campement.
Premier constat, malgré une saison des pluies exceptionnelle, les pistes ne sont pas pires (ni meilleures hélas!) que les années passées ! L’eau a effectivement été abondante à en croire les nombreux petits mayos qui coulent encore, le ravinement de certaines rigoles qui sont aujourd’hui des rivières et le niveau de l’eau dans les cours d’eau. Devant le Lodge, la mare résiduelle de mayo Liddi n’a jamais été aussi grande et donne un air encore plus agréable au site.
Dans le parc, les précurseurs ont fait un bon travail et le camp est accessible sans plus d’encombres… Le camion est ainsi arrivé au prix d’un seul embourbement de deux heures, autant dire sans difficultés! Au campement pas de dégâts majeurs, mais beaucoup de petits travaux à faire, la difficulté résidant surtout dans les délais; nous avons trois petites semaines de retard par rapport aux années passées.
Malgré le confort relatif, nous profitons quand même avec délectation de ce premier séjour en brousse à jouir de la douceur de la nuit, des paysages, et si il est difficile de voir beaucoup de faune pour l’heure dans les hautes herbes, la visite de notre « mascotte » l’éléphant en plein après midi suffit à nous satisfaire. Selon les gardes, il n’a pas perdu ses habitudes au campement autour du quel il n’a cessé de roder toute la saison des pluies, mettant à sac toutes les plantations. Il ne reste rien de nos jolis parterres, bananiers et papayers sont exterminés depuis belle lurette, et même les bougainvilliers n’ont pas trouvé grâce à ses yeux.
La panthère aussi est restée fidèle et suit notre voiture le jour de notre arrivée, jusqu’à l’intérieur du camp !
Petit extra original, la soirée au coin du feu à déguster des marrons chauds, cuits dans la braise…
La pompe à eau en panne nous oblige à un rapide retour vers Garoua, où nous découvrons avec stupéfaction que le container qui abrite tous nos matériels fragiles a pris l’eau toute la saison des pluies durant sans rien dire, et notre magnifique rotin ainsi que pas mal de matériels ont sérieusement souffert de séjourner ainsi dans l’humidité….
Nous avions vous dit qu’au mois d’avril, alors que le blog était en panne, Nicolas Gruaud et Boris Jolivet, respectivement Cameraman – réalisateur et preneur de son, avaient passé un mois en notre compagnie pour réaliser un film sur nos activités dans le parc et en direction des villages voisins ?
Le fruit de leur travail, produit par SEPPIA production a été diffusé sur SWR la semaine passée et sera diffusé le 10 décembre sur USHUAÏA TV, à 20 h 40.
Un petit extrait :
Le film sera également diffusé sur ARTE ultérieurement ainsi que sur Mosaïk TV…
Nous les en remercions et attendons vos commentaires ….
Voilà déjà deux semaines que nous sommes de retour, et toujours pas moyen d’accéder au Parc. L’équipe de précurseurs envoyée ouvrir manuellement la piste principale d’accès est à pieds d’œuvre depuis 8 jours et n’a toujours pas atteint le campement ! La faute à une saison des pluies exceptionnelle… Beaucoup de ravinement, beaucoup d’herbes…Beaucoup de cultures aussi ont été détruits par les crues dans les villages et cela risque fort d’inciter les paysans désoeuvrés à compenser leurs revenus perdus au détriment de la faune ! Il fait d’ailleurs encore chaud et le ciel est régulièrement lourd de nuage, ce qui est très tardif…
Ici nous nous affairons à préparer la saison, travaux administratifs et surtout remise en état du matériel et des véhicules, préparation des stocks, etc. Les tâches ne manquent pour personne !
L’équipe du personnel est au complet et se retrouve avec plaisir, fraîche et dispose, et il nous tarde vraiment de nous rendre en brousse, pour remettre en route le campement en espérant ne pas connaître trop de déboires ! Les réservations pour la période des fêtes se précisent de jour en jour et la saison s’annonce normalement…
La dotation en matériel destinée aux anti braconniers attendue de l’ambassade US se précise doucement et motivera nos petits gars pour les mois à venir… Bref nous sommes parés et tout le monde piaffe d’impatience…
Vous êtes nombreux à nous avoir fait part de votre étonnement face au long silence du blog de Boubandjida ! Due à une accumulation de difficultés techniques et autres, nous espérons, pour cette nouvelle saison, réussir à reprendre le récit régulier des péripéties du Parc.
Une nouvelle saison s’annonce donc et dans quelques jours il nous sera possible de retourner au parc après une saison des pluies particulièrement arrosée. D’ici là il nous faut terminer de remettre d’aplomb le matériel d’exploitation et retrouver nos personnels accaparés par les tâches agricoles.
La nouvelle d’importance est pour nous la mutation du conservateur, qui laisse pour l’heure sa place vacante. Les nouvelles des personnels de surveillance sont dans l’ensemble bonnes avec une activité de braconnage de saison des pluies qualifiée de « raisonnable »…
Nous pourrons très vite en juger par nous même !
D’ici là, merci de votre fidélité et à très bientôt,
Paul et Maï
Pas facile d’animer un « blog » lorsqu’on est perdu en brousse comme nous le sommes…. Désolé si nous vous manquons, mais voilà plus d’un mois que nous n’avons mis pieds en ville et hélas il ne s’agit pas d’un surcroît de clients, à l’origine de cette situation.
Dilemme que de parler de cela dans le blog mais comment taire pareille nouvelle ?
Nous venons de subir la perte de deux gardes villageois, tués lors d’une incursion d’une bande de cavaliers armés venus du Tchad pour « faire » de l’ivoire dans les confins Nord du parc…
Le phénomène à l’origine de la mort de plusieurs milliers d’éléphants au Tchad est en train d’arriver chez nous, certainement parce que le Tchad a réagi avec la vigueur nécessaire au cours des derniers mois… Le Cameroun en fera t’il autant ?
Il y a urgence…
Pour nous ici après ces années d’efforts, de sacrifices de la part de tous sur le terrain et malgré les succès enregistrés, le désarroi est immense. Le bien fondé de notre présence est remis en question.
Inutile de dire l’état d’esprit qui règne, mais que faire, seuls face à tant d’adversité ?
Seule la création du Bi national de SénaOura Boubandjida autorise quelque espoir, encore faudrait il que les actes concrets soient rapidement posés.
Pendant ce temps la saison chaude s’est installée, bien précocement d’ailleurs…
Sur le plan de la faune, les observations sont au rendez vous. La forte progression d’observation de panthères est toujours d’actualité, et les girafes sont au rendez vous également. Nous avons à présent un éléphant « mascotte » au campement, qui nous rend visite trés souvent et… mets à mal tous nos arbres !
Au début du mois de mars nous avons proposé une petite formation secourisme et self défense aux gardes qui l’ont trouvé très utile.
A tous ceux qui ont une idée pour nous redonner la foi et le pep’s nécessaire pour continuer, merci de nous faire signe!!
Merci à tous de nous suivre et à… bientôt
Nous voilà lancés dans une nouvelle saison… Après les fêtes de fin d’année, retour à la normale bienvenu… Le mois de janvier, traditionnellement plus calme nous permet de mettre une dernière touche aux travaux… Les feux de brousses sont bien avancés et les pistes en passe d’êtres toutes ouvertes; reste à ouvrir l’axe qui mène à Yapala au Tchad… On m’avise à l’instant par SMS que c’est chose faite… Pour une fois l’actu est d’actu !
Nous avons eu droit à une présence impressionnante d’éléphants au campement ces derniers jours avec notamment une séquence frisson, lorsqu’ils se sont affrontés à l’aube, durant 30 minutes avec force barrissement et borborygmes d’une puissance effrayante !
Plusieurs observations de panthères aussi, dont l’une longuement, à proximité de la voiture, par un jeune couple qui vous fera peut être la grâce de partager ses photos ? Tout cela témoigne d’une franche amélioration de la situation de la faune…
La nouvelle reste quand même nos étrennes, avec l’arrivée d’un 4×4 qui va nous permettra d’être un peu plus indépendants et mobiles, tant pour la vison que pour la surveillance et les appros.
Merci Alain, merci Sylvestre…
Nous démarrons aussi les formations des gardes tout de neuf vêtus, et nous apprêtons à reprendre nos actions en faveur des écoles, sensibilisation et remise de fournitures scolaires…


























Commentaires récents